Mémoires de la jungle, Tristan Garcia.

Pour cette nouvelle chronique, j’aimerais vous parler brièvement de l’un de mes livres préférés. Un livre que je conseille souvent : Mémoires de la jungle, de Tristan Garcia paru chez Gallimard en 2010 puis en poche fin 2011 (384 pages). Avant de vous expliquer les raisons pour lesquelles je l’aime tant, voici un petit résumé.

Le narrateur, Doogie, est un chimpanzé savant, qui a appris à parler et qui vit avec des scientifiques. Dans un futur probable, il s’est éloigné de son animalité pour ne côtoyer plus que des humains vivant dans des stations orbitales ou dans des villes protégées. Eh oui, la terre a une nouvelle fois été dévastée par des catastrophes écologiques et des guerres. Cependant, quelque part en Afrique, non loin du lac Victoria, un sanctuaire a été préservé afin de permettre à des chercheurs d’observer la faune. C’est de là que vient Doogie. Et c’est là aussi qu’il va tenter de revenir à la suite du naufrage sur une cote désertique de l’Afrique du vaisseau spatiale qui le transportait et dont il est l’unique survivant. Seulement, le chemin vers ce havre de paix ne sera pas de tout repos et Doogie sera confronté malgré lui au retour de sa propre animalité ainsi qu’à celle de ses semblables.

L’originalité de ce livre tient, à mon avis, dans le choix du narrateur certes, mais surtout dans son langage. Sans trop en dire au risque de gâcher le plaisir, on voit ce langage évoluer en parallèle du retour à l’état sauvage de Doogie. Ce qui fait que le livre devient de plus en plus compliqué à lire à mon sens et pourrait presque décourager le lecteur. Le récit se fait tour à tour lent, poussif, répétitif, haché, décousu. On avance dans cette lecture aussi difficilement que le retour, dans une jungle de plus en plus hostile, de Doogie à son animalité : avec violence. La langue se fait plus dure, agressive, découpée. Malgré tout cela, on ne parvient pas à abandonner Doogie, à fermer le livre. On a envie d’aller au bout de ce voyage avec lui. La sympathie pour ce personnage tour à tour maladroit et empoté mais aussi philosophe et courageux fini par nous gagner et nous emporter.

Pour l’anecdote, j’ai eu la chance de rencontrer, trop brièvement, Tristan Garcia lors de l’édition 2019 de La comédie du livre de Montpellier. Bien sûr, je lui ai demandé de me dédicacer ce livre. Il m’a alors dit être surpris qu’on lui demande une dédicace des Mémoires de la jungle et que ce n’était pas, et de loin, un de ses livres dont on lui parlait le plus. D’ailleurs il ne figurait même pas aux côtés des autres ouvrages de l’auteur à la table de dédicaces… Il me confiait pourtant que c’était celui pour lequel il prit le plus de plaisir au moment de l’écriture.

En espérant vous avoir donné envie de découvrir ce livre qui m’est cher, voici quelques recommandations pour d’autres lectures où humanité et animalité se confondent :

  • Zoo ou l’assassin philanthrope, de Vercors, éditions Magnard (2004).
  • Les animaux dénaturés, de Vercors aussi, disponible chez Le livre de poche.

 

Belles lectures,

Thomas.

2 commentaires sur “Mémoires de la jungle, Tristan Garcia.

Ajouter un commentaire

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :