My Absolute darling, Gabriel Tallent.

J’ai beaucoup entendu parler de ce livre avant même de le commencer. Et cela en des termes souvent excessifs, sans demies mesures, dithyrambiques. Livre puissant et magnifique ? Livre violent, malsain et insupportable ? Et je dois dire que la seconde option était la plus présente dans les mots de mes interlocuteurs. Pour l’anecdote, alors que je voyageais en Irlande, c’était à Cork il me semble, j’entrai dans une librairie et découvrais ce livre. La libraire, une française expatriée (chanceuse va !), ne mâchait pas ses mots à propos du livre de Gabriel Tallent. Elle me décrivait des scènes insupportables, l’impossibilité pour elle de lire plus d’une dizaine de pages d’affilée, le fait qu’elle soustrayait le bouquin à la vue de ses enfants. Bref, ce livre semblait empreint de noirceur, de choses à cacher, indicibles. Pendant toute ma lecture, je repensais à cette libraire en attendant avec impatience ces moments insupportables. Enfin, dans la librairie où je me rends habituellement, la libraire m’a confié qu’elle n’avait pas dépassé la trentième page et, qu’en plus du fond, elle n’avait pas non plus apprécié le style de l’écriture. Bon, avec tout cela, ma curiosité était piquée. La sortie de My Absolute darling dans la collection Totem de Gallmeister fut l’occasion parfaite pour le lire.

ps: vous ai-je déjà parlé des éditions Gallmeister ? oui ? ah. Tant pis.

Rapidement, My Absolute darling raconte l’histoire de Turtle, une jeune fille de 14 ans et de son père, Martin. Ce couple, on peut aisément l’appeler ainsi, vit reclus dans sa propriété entre jeux dangereux avec des armes à feux (dont Turtle semble passionnée), violence prégnante et survivalisme. Malgré tout, la jeune fille n’est pas totalement coupée de l’extérieur, elle se rend toujours en cours et arpente les bois, les plages et les îlots de la côte nord de la Californie. Lors de ses excursions, Turtle montre un certain talent pour ce qui est de la vie sauvage, de la survie. Bref, la vie sociale, ce n’est pas trop ça. On comprend vite la relation incestueuse de ces deux protagonistes et, certainement là où ça peut déranger, l’amour qu’éprouve Turtle pour son père. Ainsi la jeune fille tend à rejeter toute main tendue par ses pairs ou par des professeurs pour la sortir de cette emprise. Mais, alors qu’elle se promène dans les bois, elle rencontre fortuitement Jacob, un adolescent au sens de l’orientation douteux et qui, au fil des pages va ouvrir, ou du moins tenter, le champ des possibles.

Ainsi, on voit tout au long du livre l’ambiguïté et les tiraillements psychologiques de Turtle. Entre amour et rejet de son père, désire de prendre le large et loyauté envers lui. En repensant aux discussions avec les libraires, je me dis que c’est certainement cela qui a pu le plus choquer/bloquer. Pour le reste de l’histoire, cela reste somme toute assez classique, bien ficelé, plutôt bien rythmé et avec quelques personnages secondaires intéressants mais trop peu développés. Le couple Turtle/Martin prend vraiment toute la place.

Au final, ce livre ne m’aura pas réellement dérangé et bousculé outre mesure. Les livres de David Vann, Goat Mountain ou Sukkwan Island m’ont nettement plus frappé.

 

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