Louis X Philippe V Charles IV : Les derniers Capétiens, Christelle Balouzat-Loubet.

Rapide article pour vous présenter brièvement cet ouvrage lu il y a peu. Livre assez court (208 pages) mais plutôt complet, il est publié chez Passés Composés dont je trouve le catalogue décidément très varié et intéressant.

Christelle Balouzat-Loubet est actuellement Maitre de conférences en histoire médiévale à l’université de Lorraine. Elle est également l’auteure, entre autres, d’une thèse intitulée Le gouvernement de la comtesse Mahaut en Artois (1302-1329).

Je vous le dis tout de suite : vous connaissez déjà, du moins en partie, Louis X, Philippe V et Charles IV. Il s’agit des Rois maudits connus grâce à l’œuvre de Maurice Druon publiée entre 1955 et 1977 et portée à l’écran à deux reprises. Une première fois en 1972, une seconde en 2005. Cette œuvre romanesque se base sur la légende selon laquelle, avant de périr sur le bucher, Jacques de Molay, dernier maître de l’ordre du temple, aurait lancé une malédiction à l’encontre de Philippe IV le Bel et de ses descendants. Après une évocation rapide du règne de Philippe IV, souverain d’un royaume à l’apogée de sa puissance, qui consolide ses frontières, tend à s’émanciper de la domination papale et dont l’administration se consolide, Christelle Balouzat-Loubet s’attelle à raconter la vie de ses trois fils. Malgré le peu de traces qu’ont laissés dans les sources les fils de Philippe IV, l’historienne parvient tout de même à en raconter les brefs règnes. De 1314 à 1316 pour Louis X, de 1316 à 1322 pour Philippe V et enfin de 1322 à 1328 pour Charles IV.

Je ne vais pas vous parler en détail de ces règnes si ce n’est pour vous dire qu’ils furent par exemple déterminants dans l’élaboration des règles de successions de la couronne. Effectivement, la mort de Louis X puis de son fils Jean 1er dit « Le posthume » (il est né cinq mois après la mort de son père) met fin à ce qui fut appelé le Miracle Capétien. Période durant la laquelle se sont succédé en ligne directe les descendants de Hugues Capet. Soit de 987 à 1316. Après la mort prématurée de Jean 1er, dernier représentant de cette ligne directe, la question de la succession devint plus épineuse. Pour faire simple : Louis X épouse en 1305 Marguerite de Bourgogne. De cette union naquit une fille, Jeanne, en 1311. Quelques années plus tard, en 1314, alors que le règne de Philippe IV touche à sa fin, éclate le scandale de la Tour de Nesle. Dans cette affaire, les trois brus de Philippe IV, c’est à dire les trois femmes des futurs souverains, sont accusées d’adultère. Or, cette relation adultérine aurait commencé trois années auparavant, c’est à dire au moment de la conception de Jeanne. De ce fait, ce soupçon d’illégitimité (bien que Louis X l’ai reconnue tout de même comme légitime) contribue à l’évincer du trône à la mort de Jean 1er qui règne… 4 jours (né du second mariage de Louis X avec Clémence de Hongrie vous suivez ?). Au fait, je ne l’ai pas dit, mais après le scandale de la Tour de Nesle, Marguerite de Bourgogne fut arrêtée et enfermée dans la forteresse de Château-Gaillard où elle mourra un an plus tard. Évidemment, les amants furent reconnus coupables de lèse-majesté et furent exécutés avec tous les raffinements liés à ce type de crime. Cet événement est raconté beaucoup plus clairement dans l’ouvrage de Christelle Balouzat-Loubet. Bien sûr, elle apporte les autres éléments qui ont conduits à l’éviction de Jeanne et ainsi au sacre de son oncle Philippe V. Mettant ainsi au premier plan le principe de masculinité de l’accession au trône dans la monarchie française et qui sera nommé plus tard la Loi salique. Notons que Philippe V fut vraisemblablement le souverain dont le règne sembla le plus prometteur. Mais la terrible guigne des derniers Capétiens ne le fit régner que cinq années. Son frère Charles IV qui lui succède ne règnera, quant à lui, que six ans. Cette question d’hérédité est centrale dans cet ouvrage, elle se pose plus ou moins entre chaque règne. Avec le personnage

Malgré la rareté des sources concernant ces règnes courts, Christelle Balouzat-Loubet parvient à rendre de manière très claire l’importance qu’ils peuvent revêtirent dans la construction et l’affirmation d’une monarchie moderne. Règnes pivots entre l’apogée capétienne de Philippe IV et Guerre de Cent ans qui débutera sous le règne de Philippe VI, premier Valois, qui succèdera à Charles IV, l’ouvrage a le mérite de rendre lisible ce moment charnière. De plus, autour de ces biographies, l’historienne prend le temps, et cela de façon toujours limpide, d’évoquer de manière globale des sujets tels que l’enfance des princes, leur éducation, leur formation militaire ou encore l’organisation du royaume par exemple. Cela en fait incontestablement un livre didactique à la portée de quiconque voudra approfondir ses connaissances sur les « vrais » rois maudits.

Cet ouvrage fut prétexte à l’expérimentation d’une lecture suivie commune sur Twitter. Je remercie donc chaleureusement Damien pour ses riches observations, impressions et avis qu’il a partagés. Et que je partage aussi.

Un grand merci à Amandine également, elle se reconnaîtra.

Belles lectures,

Thomas.

 

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