César contre Vercingétorix, Laurent Olivier.

À nouveau une chronique de livre d’histoire, catégorie décidément la plus fournie du blog. J’ai la ferme intention de lire encore plus d’ouvrages historiques en 2020, comme je l’expliquais dans mon Retour vers 2019. Avant de vous parler un petit peu plus en détails de ce formidable ouvrage qu’est César contre Vercingétorix, de Laurent Olivier paru en octobre 2019 chez Belin (624 pages, 26€), j’aimerai vous parler un peu plus de mon rapport à l’histoire.Je n’ai aucune formation ni fait aucune études d’histoire. Il s’agit simplement d’une passion et d’une curiosité qui s’est affinée au fil des années, et cela depuis le plus jeune âge. Aujourd’hui je me rends d’ailleurs compte que les chroniques dans lesquelles je traite plus ou moins d’histoire sont celles qui me procurent le plus de plaisir d’écriture.

J’ai des souvenirs assez précis du moment où j’ai commencé à être vivement intéressé par l’histoire. Je parviens à rapprocher cela aux environs de la classe de CE2 ou j’eus la chance d’avoir une institutrice qui nous contait les événements de manière passionnante, avec beaucoup d’effets et de théâtralité. Dès lors, l’histoire devint ma matière scolaire favorite. À la même époque, quelques très bon programme télé été diffusés et comblaient un peu plus mon envie d’en savoir plus. Je pense évidemment à l’excellente série Il était une fois… l’Homme ainsi qu’à ses variantes : Il était une fois… les Amériques et Il était une fois… les découvreurs (tout cela passait dans l’émission Les Minikeums). Ensuite d’autres programmes tels que C’est pas sorcier ou bien Quelle aventure ! continuèrent de me nourrir. Mes lectures de livres d’histoire commencèrent quant à elles en même temps qu’apparaissait mon gout de la lecture assidue, c’est à dire vers l’âge de 17 ans. Eh oui, avant cet âge je n’étais pas spécialement féru de lecture. Là encore, la rencontre d’un professeur de lettre fut marquante.

Longtemps (non je ne me suis pas couché de bonne heure) j’ai associé à mes lectures en cours un livre d’histoire en parallèle. C’était une règle établie chez moi, un moyen de lire plusieurs livres simultanément grâce à la diversification des genres. Par la suite je parvins à lire plusieurs titres, et cela peu importaient les genres de ces derniers. De fait la lecture d’ouvrages historiques devint plus clairsemée et bien moins régulière. Aujourd’hui, la lecture de livres d’histoire est un réel plaisir. Au même titre qu’un roman ou qu’un polar par exemple. L’histoire, et plus généralement le fait d’apprendre ou d’approfondir des connaissances dans un domaine qui m’intéresse, est pour moi une forme de divertissement. Que cela soit une biographie, un ouvrage traitant d’évènements précis ou qui soit généraliste. Il est important de rappeler que pour moi, bien souvent, la plume de l’historien y fait beaucoup et contribue largement à ce plaisir.

Époque médiévale, ancien régime, conquêtes hispaniques, histoire des îles britanniques, beaucoup de périodes m’intéressent. Mais je dois dire que La Rome antique et la période allant de la fin de la république aux règnes des Antonins (c’est large…) reste tout de même celle que j’aime le plus. La transition est d’ailleurs toute trouvée, car qui dit fin de la république dit Jules César…

Parlons enfin du livre qui nous intéresse aujourd’hui, et de son auteur. Laurent Olivier est conservateur en chef des collections d’archéologie celtique et gauloise au musée d’Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye. Il est notamment l’auteur de Le pays des Celtes : mémoires de la Gaule (Seuil, 2018).

Disons-le tout de suite, j’ai trouvé son livre passionnant du début à la fin. Très complet, il aborde de nombreux sujets et axes d’analyses dans un style fluide et très agréable à lire. Après avoir dressé le portrait des deux protagonistes, Laurent Olivier revient en détail sur les étapes du conflit qui opposa César à Vercingétorix. Le chapitre sur César est somme toute assez classique je trouve, tant nous connaissons déjà plein de choses à son sujet. Il reste néanmoins excellent pour quelqu’un qui souhaiterai découvrir une partie de la vie du proconsul. Le portrait historique de Vercingétorix est, quant à lui, encore plus brillant je trouve. Car l’exercice est difficile, la seule source existante sur la vie du chef arverne étant le texte de César lui-même. Laurent Olivier replace avec brio Vercingétorix dans un contexte politique plus global en évoquant l’organisation politique du royaume arverne et, plus généralement, le contexte politique de la Gaule. Pour cela, il se base évidemment sur le texte de César, Les commentaires sur la Guerre des Gaules, dont il fait plus loin dans le livre une analyse critique poussée et passionnante. L’auteur cherche toujours, même dans la relation des évènements, à se détacher du prisme d’un Jules César omniprésent. Il est à noter que Laurent Olivier ne se borne évidemment pas au texte de César et convoque d’autres auteurs romains qui viennent mettre en perspective ce texte. Pour résumer : la partie du livre qui s’attèle à relater et à analyser les faits en critiquant le texte de César est excellente. Elle m’a appris énormément de choses.

Ensuite, une bonne part de l’ouvrage est consacrée à la manière dont Vercingétorix a traversé l’histoire, la manière dont il a été redécouvert par les historiens du XVIIème siècle par exemple et, bien sûr, au XIXème avec le troisième personnage important du livre : Napoléon III. Outre l’analyse, brillante une nouvelle fois, des enjeux d’une forme de récupération à des fins politiques de la figure du chef arverne, Laurent Olivier raconte la (re)découverte du site de la dernière bataille de Vercingétorix : Alésia. Le récit de cette découverte du site, de ses premières fouilles, est passionnant. C’est aussi une partie de l’histoire de l’archéologie et des techniques de fouilles de tels sites qui nous est racontée. La manière dont on a procédé pour trouver les vestiges des lignes de circonvallations et de contrevallations (les lignes de fortifications qui visaient à empêcher toute sortie des assiégés mais aussi toute aide venant de l’extérieur) autour du Mont Auxois est passionnante à elle seule. Bien sûr, l’auteur évoque les débats autour de la localisation du siège d’Alésia. Là aussi, la démonstration par l’archéologie et les sources s’avère brillante. Dans le même sens, toujours à propos d’archéologie, Laurent Olivier parvient à apporter de nouveaux éléments quant aux peuples alliés présents sur place par exemple (principalement grâce à la numismatique).

Je pourrais encore vous parler longuement des pages consacrées à la manière dont fut perçue et utilisée l’image du chef gaulois par le régime de Vichy ou encore celles consacrées aux qualités, souvent décriées, de stratège militaire de ce dernier. A vous de les découvrir.

Pour aller plus loin je vous propose une petite liste d’ouvrages :

  • Guerre des Gaules, Jules César. Folio Classique, 1981. 480 pages.
  • Vies des douze Césars, Suétone. Folio Classique, 1975. 512 pages.
  • Jules César, Joël Schmidt. Folio Biographies, 2005. 368 pages.
  • Le dossier Vercingétorix, Christian Goudineau. Actes Sud, 2009. 466 pages.

Belles lectures,

Thomas.

2 commentaires sur “César contre Vercingétorix, Laurent Olivier.

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  1. Tout comme vous, je suis passionnée par l’histoire (sans en avoir fait l’étude) et ayant la chance de vivre pas loin d’Alésia… L’époque Gallo-Romaine me plait tout particulièrement !!! Avez-vous pu visiter Alésia ? Les Fontaines salées à Saint-Père (près de Vezelay) sont à voir également ! 😀

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