La Terre du Milieu. Tolkien et la mythologie germano-scandinave, Rudolf Simek.

Quels rapports entretenait J.R.R. Tolkien avec la littérature norroise (langue scandinave médiévale) ? De quoi s’est-il inspiré pour créer et nommer les lieux de la Terre du Milieu et ses habitants ? Comment sont nés les Hobbits, les orques et autres Balrogs ? Comment Tolkien a-t-il construit l’écriture runique des nains ? Quel rôle joue le chiffre 9 dans ses histoires ? Comment est née l’épée brisée Narsil ?  Qui est Tom Bombadil ? Autant de questions auxquelles Rudolf Simek, philologue spécialiste des sagas nordiques et de la littérature scandinave, répond dans cet ouvrage paru le 1er octobre 2019 dans les toutes récentes éditions Passés Composés (288 pages, 22€).

Avant de vous donner un avis plus détaillé à propos de ce livre, j’ai envie de vous raconter ma rencontre avec l’auteur du Seigneur des Anneaux. J’ai lu Le Hobbit il y a peut-être 5 ans. A l’époque, je n’ai pas voulu lire LSdA tout de suite, ce livre me faisait peur. J’entendais trop autour de moi des histoires d’abandons de lecture, des avis négatifs et décourageants quant à la lourdeur et la densité de l’œuvre, son caractère trop descriptif voir ennuyeux dans ses premiers chapitres. Influençable que je suis, j’oubliai l’idée de lire cette somme et passai à d’autres choses. Je dois dire aussi que je ne suis pas un lecteur assidu de Fantasy hormis quelques livres de Pierre Bordage par exemple. Le temps passant et après de nombreux échanges sur Twitter avec des passionnés de cette histoire, ma curiosité fut à nouveau piquée. Cela couplé à l’écoute d’une série documentaire de La compagnie des auteurs (France Culture) consacrée à Tolkien qui termina de me convaincre de lire cette immense aventure. Hormis la lecture du Hobbit donc et me jugeant complètement néophyte de l’œuvre, la question qui se posa fut celle du choix de l’édition et de la traduction que je choisirait avant de me lancer. Encore une fois, après plusieurs échanges sur Twitter et de nombreux avis, je choisis la dernière traduction de Daniel Lauzon et l’édition intégrale parue chez Pocket en septembre 2018. Manquait plus qu’à trouver un peu de temps pour me lancer corps et âme dans ce voyage… ET CRAAAAACCC ! Un mauvais appui lors d’un match de foot, un ligament croisé (ou un ménisque j’attends encore l’IRM mais là je commence à raconter ma vie) qui cède et le tour est joué. Me voilà 3 semaines à la maison. Vous devinez la suite ?  Bref, après cette lecture et la fascination pour Tolkien qui commençait à naître chez moi, j’eus envie de lire non seulement le reste de son œuvre, mais aussi des ouvrages s’y référant et m’en offrant un nouveau regard. Voici donc en partie (elle était longue cette histoire) comment je suis venu à lire le livre de Rudolf Simek.

Premièrement il faut dire que le présent ouvrage se révèle plutôt agréable à lire. Nous pouvons au passage mentionner Mahdî Brecq et Elias Ebnöther pour la traduction. En dix chapitres concis et bien structurés, traitants tour à tour de géographie, d’éléments naturels, d’animaux fabuleux ou encore d’écriture runique, l’auteur nous propose une relecture de l’œuvre de Tolkien par le prisme de la mythologie germano-scandinave et plus largement par l’ensemble des connaissances et des textes médiévaux qui ont contribué à la cimenter. S’il en était besoin, on découvre ainsi l’extrême érudition de Tolkien (quelques lignes sont d’ailleurs consacrées à son parcours universitaire) et l’incroyable fourmillement de références mythologiques présentes dans ses livres. En même temps que son érudition, on prend aussi la mesure du formidable conteur d’histoire qu’est Tolkien. Car ce livre montre de quoi il a pu s’inspirer pour imaginer les Havres-Gris ou bien le fameux anneau unique par exemple, mais aussi ce qu’il a créé. Le livre de Simek montre ainsi parfaitement le formidable mélange d’inspiration et d’invention dans l’élaboration des mondes de Tolkien. Le tout étant évidemment d’une cohérence sans faille. Un autre mérite de cet ouvrage est de souligner s’il en est besoin la cohérence et l’aboutissement de l’univers Tolkienien.  Il est important de souligner que le livre de R. Simek se borne uniquement à traiter l’aspect mythologique de l’œuvre. Cela en fait un livre précis et d’autant plus plaisant à lire selon moi. Ce livre n’a pas la prétention d’être un guide explicatif de l’ensemble des personnages et des motifs de l’œuvre de Tolkien. Je vous parlerai une prochaine fois du récent ouvrage paru chez Belin qui évoque Tolkien et les sciences.

De plus, en tant que novice en la matière, ce livre fut pour moi une bonne entrée en matière pour ce qui est de la mythologie scandinave, des sagas et plus largement des textes médiévaux qui ont inspiré Tolkien. On pourra notamment citer les textes suivants : Beowulf, L’Edda de Snorri (que j’ai particulièrement envie de lire désormais), La chanson de Nibelungenlied ou encore la Völsunga Saga.

Avant de lire ce livre, je conseillerais peut-être d’avoir déjà lu Le seigneur des Anneaux et le Hobbit. Ce sont les deux romans les plus cités. Histoire de ne pas gâcher son plaisir et de ne pas trop en connaître si vous ne les avez pas lus. Cela va de soi me direz-vous. Eh bien pas tant que ça à mon avis. Au moment où Tolkien est sur toutes les lèvres et à très juste titre avec cette exposition à la BNF (que j’aimerais beaucoup voir !) et les nombreuses publications autour de lui, les nouveaux lecteurs pourraient être tentés de se jeter sur ce livre si la question de la mythologie les intéresse. C’est bien évidemment possible car les illustrations par des passages des livres ne sont pas très nombreux mais, pour ma part, je n’aurais pas fait le choix de le lire avant.

Bon, je vais terminer en vous disant simplement que ce livre est une réussite pour moi. Il se révèle être une bonne entrée en matière pour ce qui est de la littérature norroise et de la mythologie germano-scandinave. Il brosse en effet un ensemble assez vaste de mythes, et toujours de manière très précise néanmoins, qu’il parvient à rapprocher d’éléments clés de l’œuvre de J.R.R. Tolkien.

J’espère vous avoir donné envie de lire tout ça !

(merci à Laura pour sa relecture bienveillante).

Belles lectures,

Thomas.

ps: je vous propose les liens de la série d’émissions de La compagnie des auteurs, de France culture, que j’ai mentionnée plus haut. Bonne écoute.

 

2 commentaires sur “La Terre du Milieu. Tolkien et la mythologie germano-scandinave, Rudolf Simek.

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